Un bug de firmware Coldcard exploité : jusqu'à 80 M$ siphonnés en 30 minutes

Résumé du marché par IA
Une régression de longue date du RNG du firmware Coldcard aurait réduit l'entropie des seeds, permettant une récupération rapide des clés et des vols coordonnés (des centaines de BTC en quelques minutes). L'incident sape la confiance dans l'auto-conservation matérielle, contraint les utilisateurs concernés à faire tourner leurs seeds et à migrer leurs fonds, et pourrait déclencher des flux à court terme vers les dépositaires/les plateformes d'échange. Il soulève également des préoccupations à l'échelle du secteur concernant les audits et l'assurance de la chaîne d'approvisionnement, susceptibles de peser sur le sentiment de risque plus large sur les cryptomonnaies.
Niveau d'impact
● Élevé
Actifs concernés
BTC/USDT+0.97%
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Pendant près de cinq ans, une partie des portefeuilles matériels Coldcard a produit des clés Bitcoin avec un niveau de sécurité comparable à un cadenas fragile. À l'origine : un bug apparu lors d'une refonte du firmware en mars 2021 (version 4.0.1), qui a remplacé le générateur de nombres aléatoires matériel (RNG) par un générateur pseudo-aléatoire logiciel (PRNG). Résultat, des phrases mnémoniques en apparence robustes, mais beaucoup plus faciles à casser qu'anticipé. Fin juillet 2026, des attaquants ont identifié la faiblesse et ont mené des opérations coordonnées ayant drainé environ 594 BTC, soit près de 38 millions de dollars, depuis quelque 500 portefeuilles en moins de 30 minutes. Certaines estimations évaluent les pertes totales pour l'ensemble des utilisateurs concernés à plus de 1'300 BTC, soit au-delà de 80 millions de dollars. Au cœur du problème : l'entropie. La sécurité de Bitcoin repose sur la qualité de l'aléa utilisé pour générer la phrase de récupération. La référence de l'industrie vise 128 bits d'entropie, un espace de recherche si vaste qu'une attaque par force brute prendrait plus longtemps que l'âge de l'univers. Avec le firmware 4.0.1, Coldcard n'a plus tenu ce standard. Au lieu d'exploiter le RNG matériel du dispositif — une puce dédiée produisant des nombres réellement aléatoires à partir du bruit électrique — le code basculait sur un PRNG logiciel. L'entropie effective des graines serait tombée à environ 40 bits sur les modèles Mk3. Pour les Mk4, Mk5 et Q, elle se situerait autour de 72 bits, très en dessous de l'objectif de 128 bits. À 40 bits, l'espace de recherche représente environ un millier de milliards de combinaisons. Une valeur impressionnante sur le papier, mais que des moyens de calcul modernes peuvent parcourir en quelques heures plutôt qu'en siècles. Les balayages coordonnés ont démarré autour du 3031 juillet 2026. Les attaquants n'ont pas eu besoin d'accéder à distance aux appareils, ni de recourir à l'hameçonnage ou à des malwares. Ils ont exploité une faiblesse mathématique intégrée au processus de génération des graines, en explorant l'espace de clés réduit afin de reconstruire des clés privées. Une seule opération aurait touché environ 500 portefeuilles et siphonné près de 594 BTC en moins d'une demi-heure, un rythme laissant penser à un pré-calcul massif de graines vulnérables avant des transferts exécutés simultanément. Coinkite, l'éditeur de Coldcard, a publié un firmware corrigé. Le correctif ne règle toutefois pas le problème des graines déjà créées avec une entropie insuffisante : les utilisateurs ayant généré leur portefeuille avec les versions concernées doivent produire de nouvelles phrases mnémoniques via des méthodes sûres et migrer leurs fonds. Coinkite recommande notamment l'usage de lancers de dés physiques pour garantir une entropie élevée, et met en garde contre la génération de nouvelles graines sur des appareils non corrigés. L'affaire relance aussi un débat central du secteur : la self-custody est-elle réellement plus sûre que la conservation sur une plateforme d'échange ? Beaucoup d'utilisateurs touchés ont, dans l'urgence, transféré leurs bitcoins restants vers des exchanges. Il ne s'agissait ni d'un "zero-day" sophistiqué ni d'une attaque étatique, mais d'un bug de régression dans une mise à jour de firmware. Sa persistance de mars 2021 à mi-2026 interroge sur les processus d'audit et de tests chez Coinkite et, plus largement, dans l'industrie des hardware wallets.